Principes actifs
L'anifrolumab est un anticorps monoclonal humain de type immunoglobuline G1 kappa (IgG1κ) qui est produit dans des cellules de myélome de souris (NS0) par la technologie de l'ADN recombinant.
Excipients
Solution à diluer pour perfusion et solution injectable en stylo prérempli
Histidine, chlorhydrate d'histidine monohydraté, chlorhydrate de lysine, tréhalose dihydraté, polysorbate 80, eau pour préparations injectables.
Solution à diluer pour perfusion
Solution à diluer pour perfusion (concentré stérile); 150 mg/ml en flacon à dose unique pour administration par voie intraveineuse.
Un flacon de 2,0 ml de solution à diluer contient 300 mg d'anifrolumab.
Solution transparente à opalescente, incolore à légèrement jaune de pH 5,9.
Solution injectable en stylo prérempli
Chaque stylo prérempli contient 120 mg d'anifrolumab dans 0,8 ml.
Solution transparente à opalescente, incolore à légèrement jaune de pH 5,9.
Saphnelo est indiqué pour le traitement des patients adultes atteints d'un lupus érythémateux systémique (LES) modéré à sévère en complément du traitement standard (voir «Propriétés/Effets»).
Limitations d'emploi
L'efficacité de Saphnelo n'a pas été étudiée chez les patients présentant une néphropathie lupique active sévère ou un lupus actif sévère du système nerveux central. L'utilisation de Saphnelo n'est pas recommandée dans ces situations.
Le traitement par Saphnelo doit être instauré et supervisé par un médecin expérimenté dans le traitement du LES.
Posologie usuelle
La dose recommandée de Saphnelo est de:
·soit 300 mg, administrée par perfusion intraveineuse d'une durée de 30 minutes, toutes les 4 semaines
·soit 120 mg une fois par semaine, administrée par injection sous-cutanée.
Si aucune amélioration du contrôle de la maladie n'est constatée après douze mois de traitement par Saphnelo, l'arrêt du traitement doit être envisagé.
Afin d'assurer la traçabilité des médicaments biotechnologiques, il convient de documenter pour chaque traitement le nom commercial et le numéro de lot.
Passage à un autre mode d'administration
Lorsqu'un patient passe de l'administration par voie intraveineuse à l'administration par voie sous-cutanée, la première injection sous-cutanée doit avoir lieu environ 2 semaines après la dernière dose administrée par voie intraveineuse.
Lorsqu'un patient passe de l'administration par voie sous-cutanée à l'administration par voie intraveineuse, la première perfusion intraveineuse doit avoir lieu environ 3 à 4 semaines après la dernière dose administrée par voie sous-cutanée.
Patients présentant des troubles de la fonction hépatique
Aucun ajustement posologique n'est nécessaire chez les patients présentant des troubles de la fonction hépatique. Aucune étude spécifique n'a été effectuée chez des patients présentant des troubles de la fonction hépatique (voir «Pharmacocinétique»).
Patients présentant des troubles de la fonction rénale
Aucun ajustement posologique n'est nécessaire chez les patients présentant des troubles de la fonction rénale. Aucune étude spécifique n'a été effectuée avec Saphnelo chez des patients présentant des troubles de la fonction rénale. On ne dispose d'aucune expérience chez les patients présentant des troubles sévères de la fonction rénale ou une insuffisance rénale terminale (voir «Pharmacocinétique»).
Patients âgés (≥65 ans)
Aucun ajustement posologique n'est nécessaire chez les patients âgés. On ne dispose que de données limitées concernant l'utilisation chez les patients âgés de ≥65 ans (voir «Pharmacocinétique»).
Enfants et adolescents
La sécurité et l'efficacité de Saphnelo chez les enfants et les adolescents (âgés de < 18 ans) ne sont pas établies. Aucune donnée n'est disponible.
Prise retardée
Perfusion intraveineuse: si une perfusion n'a pas été réalisée au moment où elle était programmée, Saphnelo doit être administré dès que possible. Les doses administrées par voie intraveineuse doivent être espacées de 14 jours au minimum.
Injection sous-cutanée: en cas d'oubli d'une injection sous-cutanée, le patient doit être invité à injecter Saphnelo dès qu'il remarque cet oubli. Il peut ensuite reprendre une nouvelle programmation hebdomadaire à partir du jour auquel la dose oubliée a été administrée ou poursuivre l'administration au jour habituel, dans la mesure où un délai minimal de 3 jours est respecté entre chaque injection.
Mode d'administration
Administration par voie intraveineuse (solution à diluer pour perfusion en flacon perforable)
Le flacon perforable de Saphnelo est destiné à une administration par voie intraveineuse (IV).
Après dilution dans une solution injectable de chlorure de sodium (0,9%), Saphnelo est administré en perfusion IV pendant 30 minutes. Saphnelo ne doit pas être administré en injection intraveineuse rapide ou en bolus. Le débit de perfusion peut être ralenti ou l'administration peut être interrompue si le patient présente une réaction à la perfusion.
Pour les instructions relatives à la dilution et à la conservation du médicament avant administration, voir «Remarques concernant la manipulation».
Administration par voie sous-cutanée (solution injectable en stylo prérempli)
Le stylo prérempli de Saphnelo est destiné à une administration par voie sous-cutanée.
L'injection sous-cutanée de Saphnelo peut être réalisée par le patient lui-même ou par un aidant, selon ce que le médecin estime approprié. Le médecin doit offrir une formation appropriée à la technique d'injection sous-cutanée. Saphnelo est administré sous forme d'injection sous-cutanée dans la cuisse ou l'abdomen, en veillant à rester à au moins 5 cm du nombril. L'injection peut aussi se faire dans la partie supérieure du bras lorsqu'elle est réalisée par un professionnel de santé ou un aidant. Elle ne doit jamais se faire sur des surfaces cutanées sensibles, érythémateuses, durcies ou qui présentent un hématome. En cas d'injections dans la même zone, les patients doivent être invités à choisir un site d'injection se trouvant à une distance d'au moins 3 cm du dernier site d'injection.
Des consignes détaillées relatives à l'administration par voie sous-cutanée de Saphnelo avec un stylo prérempli figurent dans le «Mode d'emploi».
Hypersensibilité au principe actif ou à l'un des excipients selon la composition.
Hypersensibilité
Des réactions sévères d'hypersensibilité, y compris une anaphylaxie, ont été rapportées après l'administration de Saphnelo (voir «Effets indésirables»).
Chez les patients présentant des réactions liées à la perfusion et/ou des réactions d'hypersensibilité dans les antécédents, une prémédication (p.ex. un antihistaminique) doit être envisagée avant la perfusion d'anifrolumab.
En cas de réaction sévère liée à la perfusion ou de réaction d'hypersensibilité (p.ex. anaphylaxie), l'administration de Saphnelo doit être interrompue immédiatement et un traitement approprié doit être instauré.
Infections
Lors d'un traitement immunosuppresseur, tel que Saphnelo, des infections sévères, voire mortelles, peuvent survenir.
Saphnelo augmente le risque d'infections des voies respiratoires et d'infections à herpès zoster (des événements d'herpès zoster disséminé ont été rapportés) (voir «Effets indésirables»).
Lors des études cliniques contrôlées relatives à l'administration par voie intraveineuse contre placebo de 52 semaines, le taux global d'infections sévères chez les patients recevant l'anifrolumab était de 4,8% contre 5,6% avec le placebo (taux d'incidence ajusté en fonction de l'exposition [EAIR] de respectivement 5,4 et 6,6 pour 100 années-patients).
Lors de l'étude d'extension à long terme (LTE) d'une durée maximale de trois années supplémentaires, des taux comparables ont été observés dans le groupe anifrolumab et le groupe placebo.
Aucune étude n'a été réalisée chez des patients ayant des antécédents connus d'immunodéficience primaire.
En raison de son mécanisme d'action, Saphnelo doit être utilisé avec prudence chez les patients présentant une infection chronique, des antécédents d'infections récidivantes ou des facteurs de risque connus d'infection. Le traitement par Saphnelo ne doit pas être instauré chez les patients ayant une infection active cliniquement pertinente avant la résolution de l'infection ou son traitement adéquat. Les patients doivent être informés de consulter un médecin en cas d'apparition de signes ou de symptômes d'infection cliniquement pertinente. Si un patient présente une infection ou s'il ne répond pas au traitement standard, il doit être surveillé étroitement et l'interruption du traitement par Saphnelo jusqu'à la résolution de l'infection doit être envisagée.
Les études cliniques contrôlées contre placebo excluaient les patients ayant une tuberculose active ou latente dans les antécédents et pour lesquels une évolution adéquate du traitement n'a pas pu être confirmée. Un traitement antituberculeux (anti-TB) doit être envisagé avant le début du traitement par anifrolumab chez les patients atteints de TB latente non traitée. L'anifrolumab ne doit pas être administré aux patients atteints de TB active.
Immunisations/vaccinations
Aucune donnée n'est disponible concernant la réponse aux vaccins vivants ou atténués. L'état actuel des données ne permet pas d'évaluer dans quelle mesure Saphnelo inhibe la réponse immunitaire aux néoantigènes et/ou aux antigènes de rappel. L'intervalle de temps entre l'administration d'un vaccin vivant et le traitement par Saphnelo doit être conforme aux recommandations vaccinales actuelles concernant les principes actifs immunomodulateurs.
Avant d'instaurer le traitement par Saphnelo, il faut envisager de terminer toutes les vaccinations adéquates selon les recommandations vaccinales actuelles (y compris la vaccination contre la varicelle et la vaccination prophylactique contre le zona). Il faut éviter l'utilisation concomitante de vaccins vivants ou atténués chez les patients traités par Saphnelo.
Cancers
L'influence du traitement par Saphnelo sur le développement potentiel de cancers n'est pas connue. Aucune étude n'a été réalisée chez des patients ayant des antécédents de cancer; toutefois, les patients ayant eu un carcinome épidermoïde, un carcinome basocellulaire ou un cancer du col de l'utérus totalement excisé ou correctement traité étaient éligibles à l'inclusion dans les études cliniques sur le LES.
Lors des études cliniques contrôlées contre placebo de 52 semaines relatives à l'administration par voie intraveineuse et sous-cutanée, quelle que soit la dose, des cancers (excepté les cancers de la peau non mélanome) ont été observés chez 0,5% des patients sous Saphnelo et chez 0,5% des patients recevant un placebo. Des néoplasmes malins (y compris les cancers de la peau non mélanome) ont été observés chez 1,1% des patients traités par l'anifrolumab contre 0,5% des patients recevant le placebo (EAIR: respectivement 1,1 et 0,5 pour 100 années-patients).
Les taux et les types de cancers observés dans ce contexte ont été cohérents pendant une période de 4 ans (y compris en prenant en compte la LTE.) Chez les patients présentant des facteurs de risque connus de développement ou de récidive d'un cancer, il convient de tenir compte du rapport bénéfice-risque individuel. La prudence s'impose lorsque la poursuite du traitement par Saphnelo est envisagée chez les patients développant une pathologie maligne.
Non recommandé pour une utilisation concomitante avec d'autres biothérapies
Saphnelo n'a pas été étudié en association avec d'autres thérapies biologiques, y compris les thérapies ciblant les lymphocytes B.
L'utilisation de Saphnelo en association avec des thérapies biologiques n'est donc pas recommandée.
Excipient à l'effet connu
Ce médicament contient respectivement 1 mg de polysorbate 80 (E 433) dans chaque flacon perforable et 0,4 mg dans chaque stylo prérempli, ce qui correspond à 0,5 mg/ml. Les polysorbates peuvent provoquer des réactions allergiques.
Aucune étude d'interactions médicamenteuses n'a été réalisée avec Saphnelo.
On ne s'attend pas à ce que l'anifrolumab soit métabolisé par les enzymes hépatiques ou éliminé par le rein.
En cas d'inflammation chronique, la formation de certaines enzymes CYP450 est supprimée par des taux élevés de certaines cytokines. L'anifrolumab supprime modérément les taux de certaines cytokines; l'effet sur l'activité du CYP450 n'est pas connu. Une surveillance du traitement est recommandée chez les patients traités par d'autres médicaments qui sont des substrats du CYP à marge thérapeutique étroite et dont la dose est adaptée individuellement (p.ex. la warfarine).
Grossesse
Il n'existe aucune donnée ou que des données limitées (moins de 300 issues de grossesse) sur l'utilisation de l'anifrolumab chez la femme enceinte.
Les études effectuées chez l'animal n'ont pas mis en évidence d'effets délétères en termes de toxicité sur la reproduction (voir «Données précliniques»).
Saphnelo ne doit pas être utilisé pendant la grossesse, sauf si le bénéfice potentiel pour la femme justifie le risque potentiel pour l'enfant à naître.
Allaitement
On ignore si l'anifrolumab est excrété dans le lait maternel. L'anifrolumab a été détecté dans le lait de singes cynomolgus femelles (voir «Données précliniques»).
Un risque pour le nourrisson allaité ne peut pas être exclu. Il est nécessaire de décider, soit d'interrompre l'allaitement, soit d'interrompre le traitement par Saphnelo, en prenant en compte le bénéfice de l'allaitement pour l'enfant au regard du bénéfice du traitement pour la femme.
Fertilité
Il n'existe pas de données sur la fertilité humaine.
Les études animales n'indiquent pas d'effets délétères de l'anifrolumab sur les mesures indirectes de la fertilité (voir rubrique «Données précliniques»).
L'influence de Saphnelo sur l'aptitude à la conduite ou l'utilisation de machines n'a pas fait l'objet d'études spécifiques.
Résumé du profil de sécurité
La sécurité de Saphnelo chez des patients adultes atteints d’un LES modéré à sévère a été analysée dans trois études cliniques contrôlées contre placebo de 52 semaines relatives à l’administration par voie intraveineuse (études 1, 2 et 3, total: 569 patients) et une étude clinique contrôlée contre placebo de 52 semaines relative à l’administration par voie sous-cutanée (étude 5, 220 patients). Le profil de sécurité général de Saphnelo, administré sous forme de perfusion intraveineuse (300 mg toutes les 4 semaines) et d’injection sous-cutanée (120 mg chaque semaine) est cohérent.
Les effets secondaires les plus fréquemment signalés pendant le traitement par l’anifrolumab au cours des 3 études cliniques relatives à l’administration intraveineuse et de l’étude clinique relative à l’administration sous-cutanée étaient des infections des voies respiratoires supérieures (31%; placebo 20%), bronchite (10%; placebo 5%), les réactions liées à la perfusion (9,4%; placebo 7%) et l’infection à herpès zoster (6,0%; placebo 1%). L’effet secondaire grave le plus fréquent était l’infection à herpès zoster (0,4%; placebo 0%).
Sécurité à long terme
Les patients qui ont terminé les études 2 et 3 (études de phase III ayant alimenté la LTE) jusqu’à la semaine 52 incluse étaient éligibles pour continuer le traitement dans une LTE randomisée (étude 4), en double aveugle, contrôlée contre placebo pendant 3 années supplémentaires (voir «Propriétés/Effets»). Le profil de sécurité à long terme de l’anifrolumab correspondait globalement à celui des études de 52 semaines.
Liste des effets indésirables
Les effets indésirables sont rangés par classe de système d’organes de la classification MedDRA et par fréquence selon la convention suivante:
«très fréquents» (≥1/10)
«fréquents» (≥1/100, <1/10)
«occasionnels» (≥ 1/1 000 à <1/100)
«rares» (≥1/10 000, <1/1 000)
«très rares» (<1/10 000)
«fréquence inconnue» (ne peut être estimée sur la base des données disponibles)
Tableau 1
Effets indésirables
SOC MedDRA |
Terme préférentiel MedDRA |
Saphnelo (n = 569) |
Infections et infestations |
Infection des voies respiratoires supérieures* |
Très fréquents (30,9%) |
Bronchite* |
Très fréquents (10,2%) |
|
Zona |
Fréquents |
|
Infection des voies respiratoires* |
Fréquents |
|
Affections du système immunitaire |
Hypersensibilité |
Fréquents |
Réaction anaphylactique |
Occasionnels§ |
|
Lésions, intoxications et complications d’interventions |
Réaction liée à la perfusion |
Fréquents |
Affections musculosquelettiques et du tissu conjonctif |
Arthralgie |
Inconnu% |
Tous les patients ont reçu le traitement standard.
* Termes groupés: infections des voies respiratoires supérieures (incluant infections des voies respiratoires supérieures, rhinopharyngite, pharyngite); bronchite (incluant bronchite, bronchite virale, trachéobronchite); infection des voies respiratoires (incluant infection des voies respiratoires, infection virale des voies respiratoires, infection bactérienne des voies respiratoires).
§ Voir «Mises en garde et précautions» et «Description d’effets indésirables spécifiques» ci-dessous.† S’applique uniquement à l’administration sous forme de perfusion intraveineuse.
% Fréquence «inconnue»: basée sur des données post-commercialisation
Description d’effets indésirables spécifiques
Hypersensibilité
Les réactions d’hypersensibilité étaient principalement d’intensité légère à modérée et n’ont pas entraîné l’arrêt du traitement par l’anifrolumab.
Dans le cadre d’études cliniques contrôlées relatives à l’administration par voie intraveineuse resp. sous-cutanée d’une durée de 52 semaines, l’incidence des réactions d’hypersensibilité s’élevait à 2,5% parmi le groupe traité par l’anifrolumab et à 0,5% parmi le groupe traité par placebo. Une hypersensibilité grave a été signalée chez 0,2% des patients recevant une administration par voie intraveineuse et chez 0% des patients recevant une administration par voie sous-cutanée. Au cours du programme de développement du médicament contre le LES, un événement de réaction anaphylactique a été rapporté lors d’une administration par voie intraveineuse (voir «Mises en garde et précautions»). Un cas d’hypersensibilité survenu dans l’étude relative à l’administration sous-cutanée a entraîné l’arrêt de l’utilisation d’anifrolumab.
Réactions liées à la perfusion
Les réactions liées à la perfusion étaient d’intensité légère à modérée; les symptômes les plus fréquents étaient les suivants: céphalées, nausées, vomissements, épuisement et vertiges.
Infections des voies respiratoires (infection des voies respiratoires supérieures, infections des voies respiratoires et bronchite)
Les infections des voies respiratoires étaient essentiellement non graves, d’intensité légère à modérée, et ont disparu sans l’arrêt du traitement par l’anifrolumab (voir «Mises en garde et précautions»).
Zona
Les infections à herpès zoster étaient essentiellement de forme cutanée locale, d’intensité légère à modérée, et ont disparu sans l’arrêt du traitement par l’anifrolumab. Des cas d’atteinte multidermatomique et de manifestations disséminées ont été rapportés (voir «Mises en garde et précautions»). D’après une étude d’extension à long terme, le taux d’incidence d’infections à herpès zoster ajusté en fonction de l’exposition a diminué au fil du temps, par rapport aux études de 52 semaines, et était comparable à celui des patients recevant un placebo après 4 ans de traitement.
Immunogénicité/Anticorps anti-anifrolumab
Au cours des études de phase III, des anticorps anti-médicaments ont été détectés pendant les 60 semaines de l’étude chez 6 patients sur 352 (1,7%) traités par Saphnelo selon le schéma posologique par voie intraveineuse recommandé. Au total, 0,3% des patients traités par Saphnelo ont développé des anticorps neutralisants détectés in vitro. La pertinence clinique des anticorps anti-anifrolumab est inconnue.
Dans le cadre de l’étude d’extension à long terme (2e à 4e année de traitement), des anticorps anti-médicaments liés au traitement ont été détectés chez 5 autres patients ayant reçu Saphnelo par voie intraveineuse, mais il ne s’agissait cependant pas d’anticorps neutralisants.
Au cours de l’étude de phase III relative à l’administration par voie sous-cutanée, des anticorps anti-médicaments liés au traitement ont été détectés chez 6 patients sur 107 (5,6%) traités par Saphnelo pendant 52 semaines, mais il ne s’agissait cependant pas d’anticorps neutralisants.
L’annonce d’effets secondaires présumés après l’autorisation est d’une grande importance. Elle permet un suivi continu du rapport bénéfice-risque du médicament. Les professionnels de santé sont tenus de déclarer toute suspicion d’effet secondaire nouveau ou grave via le portail d’annonce en ligne ElViS (Electronic Vigilance System). Vous trouverez des informations à ce sujet sur www.swissmedic.ch.
Signes et symptômes
Lors des études cliniques, des doses allant jusqu'à 1000 mg ont été administrées par voie intraveineuse à des patients présentant un LES sans observer de signes de toxicité dose-limitante.
Traitement
Il n'existe pas de traitement spécifique du surdosage d'anifrolumab. En cas de surdosage, un traitement de soutien doit être instauré, associé à une surveillance appropriée, si nécessaire.
Code ATC
L04AG11
Mécanisme d'action
L'anifrolumab est un anticorps monoclonal humain de type immunoglobuline G1 kappa qui se lie à la sous-unité 1 du récepteur de l'interféron de type I (IFNAR1) avec une spécificité et une affinité élevées. Cette liaison inhibe la signalisation de l'IFN de type I, bloquant ainsi l'activité biologique des IFN de type I. L'anifrolumab induit également l'internalisation de l'IFNAR1, réduisant ainsi les concentrations d'IFNAR1 à la surface des cellules et disponibles en tant que récepteurs. Le blocage de la signalisation de l'IFN de type I médiée par le récepteur inhibe l'expression génique de l'IFN en réponse à cette signalisation, ainsi que les processus inflammatoires et immunologiques en aval.
Les IFN de type I peuvent jouer un rôle dans la pathogenèse du LES. La plupart des patients adultes atteints de LES (env. 60 à 80%) expriment des taux élevés de gènes inductibles par l'IFN de type I qui sont associés à une activité et une sévérité accrues de la maladie.
Pharmacodynamique
Administration par voie intraveineuse
Chez des patients adultes atteints de LES, l'administration d'anifrolumab à des doses ≥300 mg en perfusion IV toutes les 4 semaines a été associée à la neutralisation homogène (≥80%) d'une signature pharmacodynamique (PD) de l'interféron de type I de 21 gènes dans le sang. Cette suppression est survenue dès 4 semaines post-traitement et s'est maintenue ou s'est intensifiée au cours de la période de traitement de 52 semaines. L'anifrolumab 150 mg IV a induit une suppression précoce < 20% de la signature génique, atteignant un maximum de < 60% à la fin de la période de traitement. La pertinence clinique de la neutralisation de la signature génique de l'IFN de type I n'est toutefois pas établie.
Après l'arrêt de l'anifrolumab à la fin de la période de traitement de 52 semaines lors des études cliniques portant sur le LES, la signature PD de l'IFN de type I dans les échantillons sanguins est revenue aux niveaux de base en 8 à 12 semaines.
Lors des études de phase III menées chez des patients atteints de LES qui étaient positifs pour les anticorps anti-ADNdb à l'inclusion, le traitement par 300 mg d'anifrolumab a conduit progressivement à une réduction numérique des anticorps anti-ADNdb (variation médiane après 52 semaines par rapport à l'inclusion: -14,82 U/ml sous anifrolumab vs -5,37 U/ml sous placebo). Après 52 semaines, 7,8% des patients traités par l'anifrolumab et 5,8% des patients recevant le placebo étaient devenus négatifs pour les anti-ADNdb.
Chez les patients présentant de faibles taux de complément à l'inclusion (C3 et C4), le traitement par 300 mg d'anifrolumab a conduit à des augmentations supérieures des taux de complément pendant la phase de traitement de 52 semaines.
Administration par voie sous-cutanée
Au cours de l'étude relative à l'administration par voie sous-cutanée auprès de patients adultes atteints de LES, le traitement par 120 mg d'anifrolumab administré une fois par semaine s'est traduit par une inhibition de la signature génique de l'interféron qui correspondait aux valeurs observées dans le cadre d'études cliniques menées sur l'administration par voie intraveineuse avec 300 mg d'anifrolumab toutes les 4 semaines.
Efficacité clinique
LES – Administration par voie intraveineuse
La sécurité et l'efficacité de Saphnelo ont été évaluées lors de deux études multicentriques de phase III, randomisées, en double aveugle, contrôlées contre placebo, pendant une période de traitement de 52 semaines (étude 2 [TULIP 1] et étude 3 [TULIP 2]) ainsi que dans une étude multicentrique de phase II, randomisée, en double aveugle, contrôlée contre placebo (étude 1 [MUSE]). Les patients avaient un diagnostic de LES selon les critères de classification de l'American College of Rheumatology (version révisée de 1997).
Tous les patients étaient âgés de ≥18 ans et présentaient une pathologie modérée à sévère, avec un score d'activité SLEDAI-2K (SLE Disease Activity Index 2000) ≥6 points, une atteinte organique sur la base de l'indice du British Isles Lupus Assessment Group (BILAG) et un score d'évaluation globale par le médecin (Physician's Global Assessment [PGA]) ≥1, malgré un traitement standard contre le LES consistant en un médicament ou l'association, quelle qu'elle soit, de corticostéroïdes oraux (CSO), d'antipaludéens ou d'immunosuppresseurs. À l'exception des CSO (prednisone ou équivalent), dont la diminution progressive faisait partie intégrante du protocole, les patients ont continué de recevoir leur traitement existant contre le LES à des doses stables pendant les études cliniques. Les patients présentant une néphropathie lupique active sévère et les patients ayant un lupus actif sévère du système nerveux central ont été exclus des études. L'utilisation d'autres agents biologiques et de cyclophosphamide n'était pas autorisée pendant les études cliniques; les patients recevant d'autres traitements biologiques devaient effectuer une période de sevrage d'au moins 5 demi-vies avant l'inclusion dans les études. Les trois études ont été réalisées en Amérique du Nord, en Europe, en Amérique du Sud et en Asie. Les patients ont reçu l'anifrolumab ou un placebo, administré par perfusion IV, toutes les 4 semaines.
L'efficacité de Saphnelo a été démontrée sur la base de la réponse clinique basée sur des critères d'évaluation composites, le British Isles Lupus Assessment Group based Composite Lupus Assessment (BICLA) et le SLE Responder Index (SRI-4).
La réponse SRI 4, critère d'évaluation principal dans l'étude 2, était définie comme la satisfaction de chacun des critères suivants après 52 semaines par rapport aux valeurs initiales:
·Réduction du score SLEDAI-2K initial de ≥4 points
·Pas de nouvelle atteinte de système d'organes, définie par 1 ou plusieurs items BILAG-A ou 2 ou plusieurs items BILAG-B par rapport à l'inclusion
·Pas d'aggravation de l'activité de la maladie lupique du patient par rapport à la ligne de base, définie par une augmentation de ≥0,30 point sur une échelle visuelle analogique (EVA) en 3 points du PGA
·Pas d'interruption du traitement
·Pas d'utilisation de la médication restreinte au-delà des seuils autorisés par le protocole de l'étude
La réponse BICLA à 52 semaines, critère d'évaluation principal dans l'étude 3, était définie comme une amélioration dans tous les domaines d'organes présentant une activité modérée ou sévère de la maladie par rapport à l'inclusion:
·Réduction de tous les BILAG-A à l'inclusion en B/C/D et BILAG-B à l'inclusion en C/D, et pas de détérioration BILAG dans d'autres systèmes d'organes, définie comme ≥1 nouveau BILAG-A ou ≥2 nouveaux BILAG-B
·Pas de détérioration du SLEDAI-2K par rapport à l'inclusion, définie comme une augmentation de >0 point par rapport à l'inclusion
·Pas d'aggravation de l'activité de la maladie lupique par rapport à l'inclusion, définie par une augmentation de ≥0,30 point sur une VAS-PGA à 3 points
·Pas d'interruption du traitement
·Pas d'utilisation de la médication restreinte au-delà des seuils autorisés par le protocole de l'étude.
Lors de l'étude 1, 305 patients ont été randomisés selon un rapport 1:1:1 et ont reçu 300 mg ou 1000 mg d'anifrolumab ou un placebo. Le critère principal d'évaluation combinait l'indice de réponse du LES (SRI-4, un critère composite d'évaluation) et la réduction durable des CSO (< 10 mg/jour et dose ≤ dose de CSO à la semaine 1, maintenue pendant 12 semaines) mesurée après 24 semaines. Une proportion supérieure de patients traités par 300 mg d'anifrolumab a obtenu une réponse SRI-4 et une réduction durable des CSO (anifrolumab par rapport au placebo: 34,3% vs 17,6%). Une analyse prédéfinie de l'activité de la maladie mesurée au moyen de l'indice BICLA (indice composite d'évaluation du lupus du British Isles Lupus Assessment Group) était de 53,5% pour l'anifrolumab et de 25,1% pour le placebo après 52 semaines.
Les études 2 et 3 étaient conçues de manière similaire. Dans l'étude 2, 457 patients ont été randomisés dans un rapport 1: 2: 2 et ont reçu 150 mg ou 300 mg d'anifrolumab ou un placebo. Dans l'étude 3, 362 patients ont été randomisés dans un rapport 1:1 et ont reçu 300 mg d'anifrolumab ou un placebo. Le critère principal d'évaluation était l'amélioration de l'activité de la maladie après 52 semaines, mesurée par les critères d'évaluation SRI-4 (étude 2) et BICLA (étude 3) (définition voir ci-dessus). Le critère d'efficacité secondaire commun pertinent dans les deux études était le maintien de la réduction de CSO. Les deux études ont évalué l'efficacité de 300 mg d'anifrolumab par rapport au placebo.
Les caractéristiques démographiques des patients étaient globalement comparables dans les deux études: respectivement 92% et 93% étaient des femmes, 71% et 60% étaient caucasiens, 14% et 12% étaient noirs/afro-américains et 5% et 17% étaient asiatiques. Dans les deux études, 72% des patients présentaient une activité élevée de la maladie (score SLEDAI-2K ≥10). Dans les études 2 et 3, respectivement 48% et 49% des patients présentaient une maladie sévère (BILAG A) dans au moins 1 système d'organes et 46% et 47% des patients présentaient une maladie modérée (BILAG B) dans au moins 2 systèmes d'organes. Les systèmes d'organes les plus fréquemment atteints (BILAG A ou B à l'inclusion) étaient le système muco-cutané (étude 2: 87%, étude 3: 85%) et le système musculosquelettique (étude 2: 89%, étude 3: 88%); respectivement 7,4% et 8,8% des patients présentaient des manifestations cardiorespiratoires et 7,9% et 7,5% des manifestations rénales à l'inclusion dans les études 2 et 3.
Dans les études 2 et 3, 90% des patients (dans les deux études) étaient séropositifs pour les anticorps antinucléaires (ANA), et respectivement 45% et 44% étaient positifs pour les anticorps anti-ADN double brin (Ac anti-ADNdb); respectivement 34% et 40% des patients présentaient un taux faible de C3, et 21% et 26% un taux faible de C4.
Les médicaments concomitants administrés dans le cadre du traitement standard à l'inclusion comprenaient des corticostéroïdes oraux (étude 2: 83%, étude 3: 81%), des antipaludéens (étude 2: 73%, étude 3: 70%) et des immunosuppresseurs (étude 2: 47%, étude 3: 48%; y compris azathioprine, méthotrexate, mycophénolate et mizoribine). Chez les patients prenant comme traitement standard un CSO (prednisone ou équivalent) à l'inclusion, la dose quotidienne moyenne était de 12,3 mg dans l'étude 2 et de 10,7 mg dans l'étude 3. Au cours des semaines 8 à 40, les patients qui recevaient une dose de CSO ≥10 mg/jour à l'inclusion devaient réduire progressivement leur dose de CSO à ≤7,5 mg/jour, sauf en cas d'aggravation de l'activité de la maladie.
La randomisation était stratifiée selon l'activité de la maladie (score SLEDAI-2K à l'inclusion, < 10 vs ≥10 points), la dose de CSO le jour 1 (< 10 mg/jour vs ≥10 mg/jour de prednisone ou équivalent) et le résultat du test de signature génique de l'interféron (élevée vs faible).
L'efficacité est présentée dans le Tableau 2.
Tableau 2
Résultats d'efficacité chez les adultes avec LES dans les études 2 et 3
|
Étude 2d |
Étude 3d |
||
Anifrolumab 300 mg |
Placebo |
Anifrolumab 300 mg |
Placebo |
|
Taux de réponse BICLA après 52 semaines* |
||||
Taux de réponse, % (n/N) |
47,1 (85/180) |
30,2 (55/184) |
47,8 (86/180) |
31,5 (57/182) |
Différence % (IC à 95%) |
17,0 (7,2, 26,8) a |
16,3 (6,3, 26,3) b |
||
Composants de la réponse BICLA: |
|
|
|
|
Amélioration du BILAG, n (%) † |
85 (47,2) |
58 (31,5) |
88 (48,9) |
59 (32,4) |
Pas de détérioration du SLEDAI-2K, n (%) † |
121 (67,2) |
104 (56,5) |
122 (67,8) |
94 (51,6) |
Pas de détérioration du PGA, n (%) † |
117 (65,0) |
105 (57,1) |
122 (67,8) |
95 (52,2) |
Pas d'interruption du traitement, n (%) |
145 (80,6) |
146 (79,3) |
153 (85,0) |
130 (71,4) |
Pas d'utilisation de la médication restreinte au-delà de la valeur seuil autorisée par le protocole de l'étude, n (%) |
140 (77,8) |
128 (69,6) |
144 (80,0) |
123 (67,6) |
Réponse SRI-4 à la semaine 52* |
||||
Taux de réponse, % (n/N) † |
49,0 (88/180) |
43,0 (79/184) |
55,5 (100/180) |
37,3 (68/182) |
Différence % (IC à 95%) |
6,0 (-4,2, 16,2) c |
18,2 (8,1, 28,3) |
||
Réduction durable du CSO ‡ |
||||
Taux de réponse, % (n/N) † |
49,7 (51/103) |
33,1 (34/102) |
51,5 (45/87) |
30,2 (25/83) |
Différence % (IC à 95%) |
16,6 (3,4, 29,8) e |
21,2 (6,8, 35,7) |
||
BICLA: British Isles Lupus Assessment Group-based Composite Lupus Assessment; BILAG: British Isles Lupus Assessment Group, PGA: Physician's Global Assessment (évaluation globale par le médecin); SLEDAI-2K: Systemic Lupus Erythematosus Disease Activity Index 2000; SRI-4: SLE Responder Index.
Tous les patients ont reçu le traitement standard.
* Le BICLA et le SRI(4) sont basés sur l'estimateur combiné, les interruptions de traitement ou l'utilisation d'une médication limitée faisant partie des critères de réponse.
† Les patients qui ont interrompu le traitement ou utilisé des médicaments soumis à restriction au-delà du seuil autorisé par le protocole sont considérés comme non-répondants.
‡ Sous-groupe de patients avec une utilisation de CSO à l'inclusion ≥10 mg/jour. Les répondants étaient définis comme les patients qui ont obtenu une réduction de leur dose de CSO à ≤7,5 mg/jour à la semaine 40 et qui l'ont maintenue jusqu'à la semaine 52.
a Étude BICLA 2: non testée formellement selon un schéma d'essai préétabli; les résultats doivent être interprétés avec prudence et sur la base d'une analyse post-hoc.
b Étude BICLA 3: critère d'évaluation principal, statistiquement significatif.
c SRI(4) dans l'étude 2: critère d'évaluation principal, statistiquement non significatif.
d Dans l'étude 2 comme dans l'étude 3, les patients qui ont arrêté le traitement par le médicament expérimental ou qui ont utilisé des médicaments restreints au-delà du seuil autorisé par le protocole de l'étude ont été considérés comme des non-répondants. Pour des raisons de consistance, les résultats présentés pour l'étude 2 représentent l'analyse post-hoc tenant compte des seuils de la médication restreinte définis dans l'étude 3.
e Concernant le critère d'évaluation secondaire de la réduction de la dose de CSO dans l'étude 2: critère d'évaluation non testé formellement.
L'effet du traitement par anifrolumab par rapport au placebo a été uniforme dans tous les sous-groupes (selon l'âge, le sexe, l'origine ethnique, la sévérité de la maladie [score SLEDAI-2K à l'inclusion] et l'utilisation de CSO à l'inclusion). Les résultats pour les patients masculins et les patients âgés de plus de 65 ans doivent être interprétés avec prudence en raison du nombre de cas dans les sous-groupes.
Effet sur le traitement concomitant par les corticostéroïdes: dans l'étude 3, l'anifrolumab a montré une réduction statistiquement significative de l'utilisation de CSO à ≤7,5 mg/jour après 40 semaines chez 47% des patients ayant une utilisation initiale de CSO ≥10 mg/jour, réduction qui s'est maintenue jusqu'à la semaine 52; 51,5% des patients du groupe anifrolumab contre 30,2% du groupe placebo ont atteint ce niveau de réduction de stéroïdes (différence 21,2% [IC à 95% 6,8–35,7]).
Extension à long terme
Dans une étude d'extension à long terme de 3 ans, randomisée, en double aveugle, contrôlée contre placebo qui incluait des patients de l'étude 2 et 3, un effet du traitement durable en termes de score SLEDAI-2K et de réduction de l'utilisation de CSO a été observé.
LES – administration par voie sous-cutanée
Au cours d'une étude 5 encore en cours (TULIP sous-cutanée, NCT04877691), l'efficacité et la sécurité de l'anifrolumab administré par voie sous-cutanée ont été analysées dans le cadre d'une étude contrôlée contre placebo, multicentrique, randomisée et en double aveugle de 52 semaines. Tous les patients avaient ≥18 ans, présentaient un LES diagnostiqué selon les critères de classification de l'American College of Rheumatology (Revision 1997) et souffraient d'une maladie modérée à sévère avec un score SLEDAI-2K de ≥6 points ainsi que d'une atteinte des organes selon l'évaluation BILAG et présentaient un score PGA de ≥1, bien qu'ils aient initialement reçu le traitement standard du LES, consistant en un ou en une association de plusieurs corticostéroïdes oraux (CSO), d'antipaludéens et/ou d'immunosuppresseurs. À l'exception des CSO (prednisone ou équivalent) dont la diminution progressive faisait partie intégrante du protocole, les patients ont continué de recevoir leur traitement existant contre le LES à des doses stables pendant l'étude clinique. Les patients présentant une néphropathie lupique active sévère et les patients ayant un lupus actif sévère du système nerveux central ont été exclus. Les patients ont été randomisés (1:1) et ont reçu 120 mg d'anifrolumab ou de placebo une fois par semaine sous forme d'injection sous-cutanée.
Une analyse intermédiaire préalablement définie a été réalisée alors que 220 patients randomisés avaient terminé la semaine 52 ou avaient quitté l'étude. On comptait parmi eux 89% de femmes et 78% des patients étaient d'origine européenne, 7% d'origine asiatique et 4% d'origine africaine/afro-américaine. L'âge médian était de 43 ans (intervalle: 19–70 ans). À l'inclusion, 67% présentaient une activité pathologique élevée (score SLEDAI-2K ≥10), 45% souffraient d'une grave affection (BILAG A) d'au moins un système d'organes et 50% souffraient d'une affection modérée (BILAG B) d'au moins deux systèmes d'organes. Les systèmes d'organes les plus souvent affectés (BILAG A ou B à l'inclusion) étaient le système musculosquelettique (95%) et le système mucocutané (92%); 1,9% (n=4) des patients présentaient des manifestations cardiorespiratoires et 2,3% (n=5) des manifestations rénales. À l'inclusion, 95% étaient séropositifs pour les anticorps antinucléaires (ANA) et 40% étaient positifs pour les anticorps anti-ADN double brin (Ac anti-ADNdb); 33% des patients présentaient un taux faible de C3 et 24% un taux faible de C4. Les médicaments concomitants administrés dans le cadre du traitement standard comprenaient des CSO (82%, dose journalière moyenne [prednisone ou équivalent] 9,8 mg), des immunosuppresseurs (56%) et des antipaludéens (80%). Au cours des semaines 8 à 40, les patients qui recevaient une dose de CSO ≥10 mg/jour à l'inclusion devaient réduire progressivement leur dose de CSO à ≤7,5 mg/jour, sauf en cas d'aggravation de l'activité de la maladie.
La randomisation était stratifiée selon le score SLEDAI-2K à l'inclusion (< 10 vs ≥10 points), la dose de CSO le jour 1 (< 10 mg/jour vs ≥10 mg/jour de prednisone ou équivalent) et le résultat du test de signature génique de l'interféron (élevé vs faible).
L'analyse intermédiaire a permis de constater que l'anifrolumab 120 mg administré par voie sous-cutanée induisait une réduction statistiquement significative et cliniquement importante de l'activité générale de la maladie par rapport au placebo sur la base de la réponse BICLA (Tableau 3).
Tableau 3
Analyse intermédiaire de l'étude 5: taux de réponse BICLA après 52 semaines
|
Anifrolumab 120 mg (n = 109) |
Placebo (n = 111) |
Taux de réponse BICLA |
||
Répondants, n (%)† |
65 (59,4) |
49 (43,9) |
Différence des taux de réponse (IC à 95%) |
15,5% (2,3; 28,6) |
|
Valeur p (bilatérale)& |
0,0211 |
|
Composants de la réponse BICLA |
||
Amélioration du BILAG, n (%) |
65 (59,5) |
49 (44,1) |
Pas de détérioration du SLEDAI-2K, n (%) |
81 (74,3) |
80 (71,6) |
Pas de détérioration du PGA, n (%) |
81 (74,4) |
82 (73,7) |
Tous les patients ont reçu le traitement standard.
BICLA: British Isles Lupus Assessment Group-based Composite Lupus Assessment; BILAG: British Isles Lupus Assessment Group; PGA: Physician's Global Assessment (évaluation globale par le médecin); SLEDAI-2K: Systemic Lupus Erythematosus Disease Activity Index 2000
† Les patients qui ont utilisé des médicaments soumis à restriction au-delà du seuil autorisé par le protocole, ont interrompu le traitement ou sont décédés sont considérés comme non-répondants.
& Le critère d'évaluation principal a été testé au niveau de 0,0354 dans le cadre de l'analyse intermédiaire.
La pharmacocinétique (PK) de l'anifrolumab a été étudiée chez des patients adultes atteints de LES après l'administration en IV de doses allant de 100 à 1000 mg toutes les 4 semaines ainsi qu'en SC de doses hebdomadaires de 120 mg, et chez des volontaires sains après l'administration d'une dose unique par voie intraveineuse ou sous-cutanée.
L'état d'équilibre a été atteint le 85e jour après les administrations intraveineuses de 300 mg d'anifrolumab toutes les 4 semaines. Le rapport d'accumulation était d'environ 1,36 pour la Cmax et 2,49 pour la Ctrough.
Absorption
Après une administration par voie sous-cutanée, la biodisponibilité de l'anifrolumab était d'environ 73%. L'exposition à l'état d'équilibre a été obtenue après environ 16 semaines d'administration par voie sous-cutanée. La concentration sérique maximale (Cmax) estimée de l'anifrolumab à l'état d'équilibre s'élevait à 63,7 μg/ml.
Distribution
Sur la base d'analyses pharmacocinétiques de population, les volumes de distribution centraux et périphériques estimés de l'anifrolumab étaient respectivement de 3,46 l et de 1,70 l pour un patient de 68 kg.
Métabolisme
L'anifrolumab étant une protéine, des études spécifiques sur le métabolisme n'ont pas été effectuées.
Saphnelo est éliminé par la voie d'élimination médiée par l'IFNAR cible et par le système réticulo-endothélial, Saphnelo étant probablement dégradé en petits peptides et en acides aminés individuels par des enzymes protéolytiques largement répandus dans l'organisme.
Élimination
En raison de la clairance médiée par l'IFNAR1, l'augmentation de l'exposition au principe actif est plus que proportionnelle à la dose.
Après l'administration d'anifrolumab à la dose de 300 mg en perfusion intraveineuse toutes les 4 semaines, la clairance systémique typique (CL) estimée était de 0,146 l/jour.
À long terme, la clairance de l'anifrolumab s'est avérée stable de la 2e à la 4e année de traitement.
Sur la base d'une analyse PK de population, les concentrations sériques étaient inférieures au seuil de détection chez 95% des patients environ 16 semaines après la dernière dose d'anifrolumab lorsque l'anifrolumab avait été administré pendant un an.
Non-linéarité
L'anifrolumab présente une PK non linéaire avec une exposition plus que proportionnelle dans la plage posologique comprise entre 100 mg et 1000 mg. L'exposition PK a diminué plus rapidement aux doses inférieures à 300 mg toutes les 4 semaines (posologie recommandée par voie intraveineuse).
Cinétique pour certains groupes de patients
Il n'a pas été observé de différence cliniquement significative de la clairance systémique nécessitant un ajustement posologique en fonction de l'âge, de l'origine ethnique, de la région, du sexe, du statut de l'IFN ou du poids corporel.
Troubles de la fonction hépatique
Aucune étude clinique spécifique n'a été effectuée pour explorer l'influence d'un trouble de la fonction hépatique sur l'anifrolumab.
En tant qu'anticorps monoclonal de type IgG1, l'anifrolumab est principalement éliminé par catabolisme et ne devrait pas être métabolisé par des enzymes hépatiques. Par conséquent, il est peu probable que des altérations de la fonction hépatique aient une influence sur l'élimination de l'anifrolumab. Sur la base des analyses pharmacocinétiques de population, les taux des biomarqueurs de la fonction hépatique (ALAT et ASAT ≤2,0 × la limite supérieure normale et bilirubine totale) mesurés à l'inclusion n'ont pas eu d'influence cliniquement pertinente sur la clairance de l'anifrolumab.
Troubles de la fonction rénale
Aucune étude clinique spécifique n'a été effectuée pour explorer l'influence d'un trouble de la fonction rénale sur l'anifrolumab. Sur la base des analyses pharmacocinétiques de population, la clairance de l'anifrolumab était comparable chez les patients atteints de LES présentant une diminution légère (60 à 89 ml/min/1,73 m2) ou modérée (30 à 59 ml/min/1,73 m2) du DFGe et chez les patients ayant une fonction rénale normale (≥90 ml/min/1,73 m2). Les patients atteints de LES présentant une diminution importante du DFGe ou une insuffisance rénale terminale (< 30 ml/min/1,73 m2) ont été exclus des études cliniques. L'anifrolumab n'est pas éliminé par voie rénale.
Les patients présentant un rapport protéines/créatinine urinaires (UPCR) > 2 mg/mg ont été exclus des études cliniques. Sur la base des analyses pharmacocinétiques de population, l'augmentation de l'UPCR n'a pas eu d'influence significative sur la clairance de l'anifrolumab.
Patients âgés (≥65 ans)
Sur la base de l'analyse pharmacocinétique de population, l'âge (plage: 18 à 70 ans) n'a pas eu d'influence sur la clairance de l'anifrolumab. 33 patients (3%) étaient âgés de ≥65 ans. Globalement, il n'a pas été observé de différences en termes de sécurité ou d'efficacité entre les patients âgés et les patients jeunes ayant reçu l'anifrolumab lors des études cliniques.
Les données précliniques issues des études conventionnelles sur la pharmacologie de sécurité et des études de toxicité en administration répétée chez des singes cynomolgus n'ont pas révélé de risque particulier pour l'homme.
Génotoxicité et carcinogénicité
L'anifrolumab étant un anticorps monoclonal, aucune étude de génotoxicité et de carcinogénicité n'a pas été effectuée.
Dans des modèles de rongeurs de blocage de l'IFNAR1, une augmentation du potentiel cancérogène a été observée.
Toxicité sur la reproduction
Dans une étude de développement pré- et postnatal réalisée chez des singes cynomolgus, il n'a pas été observé d'effets sur le développement maternel, embryofœtal ou postnatal à des doses de 30 ou 60 mg/kg administrées par voie intraveineuse toutes les 2 semaines à partir du 20e jour de gestation et pendant toute la gestation jusqu'à 1 mois post-partum (28e jour de lactation environ). L'exposition était jusqu'à environ 28 fois supérieure à l'exposition à la dose maximale recommandée chez l'homme (MRHD) sur la base de l'ASC. L'anifrolumab a été détecté dans le lait de femelles de singes cynomolgus ayant reçu de l'anifrolumab.
Fertilité
Les effets sur la fertilité mâle et femelle n'ont pas été directement évalués dans les études animales. Dans le cadre d'une étude en administration répétée d'une durée de 9 mois menée chez des singes cynomolgus, aucun effet délétère lié à l'anifrolumab n'a été observé sur les mesures indirectes de la fertilité mâle ou femelle, sur la base du spermogramme, de la détermination du stade de la spermatogenèse, du cycle menstruel, des poids des organes et des observations histopathologiques dans les organes reproducteurs après l'administration de doses maximales de 50 mg/kg par voie IV une fois par semaine (env. 58 fois supérieures à la MRHD IV sur la base de l'ASC) et de 15 mg/kg par voie SC une fois par semaine (env. 58 fois supérieures à la MRHD SC sur la base de l'ASC).
Incompatibilités
En l'absence d'études de compatibilité, ce médicament ne doit pas être mélangé à d'autres médicaments.
Stabilité
Le médicament ne doit pas être utilisé au-delà de la date figurant après la mention «EXP» sur l'emballage.
Stylo prérempli
Le stylo prérempli de Saphnelo peut, si nécessaire, être conservé à température ambiante (20°C à 25°C) à l'abri de la lumière pendant une durée maximale de 7 jours. Dès que le stylo prérempli de Saphnelo a atteint la température ambiante, il ne peut plus être remis au réfrigérateur. Le stylo prérempli doit être jeté lorsqu'il n'est pas utilisé dans un délai de 7 jours à température ambiante.
Stabilité après ouverture
Solution diluée pour perfusion
Si le médicament n'est pas utilisé immédiatement: la stabilité chimique et physique de la solution pour perfusion prête à l'emploi a été démontrée à partir du moment de son extraction du flacon jusqu'au début de l'administration pendant au maximum:
·4 heures à température ambiante jusqu'à 25°C
·24 heures au réfrigérateur (2°C - 8°C)
Remarques particulières concernant le stockage
Conserver au réfrigérateur (2°C - 8°C).
Conserver dans l'emballage d'origine pour protéger le contenu de la lumière.
Ne pas congeler. Ne pas agiter. Ne pas exposer à la chaleur. Conserver hors de portée des enfants.
Solution diluée pour perfusion
Pour les conditions de conservation du médicament après dilution, voir «Stabilité après ouverture».
Remarques concernant la manipulation
Administration par voie intraveineuse (solution à diluer pour perfusion en flacon perforable)
Saphnelo est fourni sous la forme d'un flacon à dose unique. La solution pour perfusion doit être préparée et administrée par un professionnel de santé en utilisant une technique aseptique, comme suit:
Préparation de la solution
1.Inspecter visuellement la solution dans le flacon afin de s'assurer de l'absence de particules en suspension et de décoloration. Saphnelo est une solution transparente à opalescente, incolore à légèrement jaune. Jeter le flacon si la solution est trouble ou décolorée ou si des particules en suspension sont visibles. Ne pas agiter le flacon.
2.Extraire et éliminer 2,0 ml de solution injectable de chlorure de sodium 9 mg/ml (0,9%) d'une poche de perfusion de 50 ml ou de 100 ml.
3.Extraire 2,0 ml du flacon de Saphnelo et les injecter dans la poche de perfusion. Mélanger la solution en retournant délicatement la poche. Ne pas agiter.
4.Le concentré ne contient aucun conservateur. Tout résidu de solution dans le flacon doit être éliminé.
Administration
1.Il est recommandé d'administrer la solution pour perfusion immédiatement après préparation. Si la solution pour perfusion a été conservée au réfrigérateur (voir «Stabilité après ouverture»), la laisser atteindre la température ambiante (de 15 à 25°C) avant administration.
2.Administrer la solution pour perfusion par voie intraveineuse pendant 30 minutes en utilisant une voie d'accès IV avec un filtre en ligne ou un filtre additionnel stérile à faible liaison protéique de 0,2 à 15 microns.
3.Afin de garantir que la totalité de la dose de Saphnelo a été administrée, rincer le dispositif de perfusion avec 25 ml de solution injectable de chlorure de sodium à 9 mg/ml (0,9%) à la fin de la perfusion.
4.Ne pas administrer d'autres médicaments simultanément par la même voie d'accès.
Administration par voie sous-cutanée (solution injectable en stylo prérempli)
Le stylo prérempli de Saphnelo est destiné à un usage unique.
La solution injectable de Saphnelo est fournie dans un stylo prérempli stérile destiné à une administration individuelle.
Ne pas agiter. Ne pas congeler. Ne pas exposer à la chaleur. Protéger de la lumière.
Retirer Saphnelo du réfrigérateur avant l'administration et le laisser atteindre la température ambiante pendant 60 minutes.
S'assurer visuellement de l'absence de particules en suspension et de décoloration de la solution de Saphnelo avant de l'administrer. Saphnelo est une solution transparente à opalescente, incolore à légèrement jaune. Jeter le stylo prérempli si la solution est trouble, décolorée ou présente des particules en suspension.
Des consignes détaillées sur la préparation et l'administration de Saphnelo avec le stylo prérempli sont fournies dans le «Mode d'emploi».
Élimination
Tout médicament non utilisé ou déchet doit être éliminé conformément aux exigences nationales.
68512, 70278 (Swissmedic)
SAPHNELO 120 mg/0.8 ml, injektionslösung in einem fertigpen, ev.ep.e.c. [B]
SAPHNELO 120 mg/0.8 ml, injektionslösung in einem fertigpen, ev.ep.e.c. [B]
SAPHNELO conc perf 300 mg/2ml flac, EFP 895.73, PP 990.60 [A, LS]
AstraZeneca AG, 6340 Baar
Janvier 2026